Comme sur un plateau de théâtre, le fond des toiles de Tami Ichino est noir. Ses peintures sont autant de fenêtres ouvertes sur une série de scènes imaginaires. En regardant au travers, on n’arrive pas à embrasser l’ensemble du paysage déroulé à l’horizontale entre un sol qui disparaît sous des brumes colorées et un horizon inatteignable sous un ciel noir. Ce cadre voit passer des éléments aussi divers que des étoiles filantes, un collier, des chaussures… Ces objets semblent prendre une lumière qui viendrait de l’extérieur du tableau, nous ouvrant le passage dans la peinture.
Il arrive aussi que les objets quittent vraiment la scène, deviennent sculptures. Comme si la brume qui envahit les bords de la peinture avait pris une forme solide et tombait de notre côté. Au cours de la solidification se condensent plusieurs idées, comme au sortir d’un rêve dont on n’arrive pas à démêler les différents fils qui le tissent.
De l’imaginaire à l’état solide.
Thomas Maisonnasse / 2007